Je suis déjà tombée

Autrice
Sarah Clément
Poésie
66 pages, 12 x 15 cm
Parution : mars 2026

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 14,00

UGS : 978-2-490385-61-4 Catégorie :

Description

Abou­tis­se­ment d’une rési­dence d’écriture dans le séma­phore d’Ouessant en 2023, ce recueil, conçu sous la forme d’un trip­tyque, avance à mots comp­tés, perdus, rattra­pés et bien sûr tombés pour recon­qué­rir une langue qui ne cède pas. Loin des arti­fices, Sarah Clément y travaille les érosions et observe les fissures : un « chan­tier sans archi­tecte, […] / les joints ne tiennent pas, / les murs sont bancals. »
Au diapa­son d’une météo et d’une échap­pée insu­laire, le livre s’ouvre par un Chan­tier : le jour­nal d’une inca­pa­cité, celle d’écrire et de s’écrire quand les mots refusent d’apparaître et que le « texte est lourd comme un noyé ». Entre les injonc­tions d’une page blanche, la soro­rité des danses et l’intrusion d’un fantôme farceur, le texte prend corps, prêt à accueillir les colères, les disper­sions, à ne pas mettre de l’ordre là où juste­ment il n’y en a jamais eu : « J’ai quand même tout mélangé. / Répé­ti­tion du même dans chaque texte, / c’est compli­qué, / ça m’intéresse. »
Réunis sous le titre Là où le vent a lieu, cinq poèmes viennent ensuite faire écho à ce jour­nal en frac­tu­rant la prose et la syntaxe de leur forme linéaire. Les mots se répètent, corres­pondent ou se disputent entre eux, mais toujours s’écrivent avec une vigueur nouvelle, comme si l’autrice, en ayant recours à la poésie, accep­tait de libé­rer sa parole « sans repen­tir / ouvrir à l’oubli / et aux choses qui ne s’écrivent pas ».
« […] le vertige des mots le vertige du rien à dire du rien que dire le rien tombée dans un à‑peu-​près-​parfaitement-​rien dans lequel je suis déjà tombée », remon­tant la chro­no­lo­gie élémen­taire de ses chutes, Sarah Clément outre­passe dans le dernier volet de ce recueil ses propres verrous et remonte à la surface les mots qu’elle redou­tait, à partir de cette langue qui lui manquait et qui la consti­tue, « un tas de chairs douées d’amour de rire et de dégoût ». Les souve­nirs sombres se conjuguent aux cica­trices du corps pour déam­bu­ler dans les strates de l’enfance, la vulné­ra­bi­lité et la force des mères, le désir et le temps passant qui confèrent à la poésie de ce texte une univer­sa­lité du bouleversement.