Les mots ne meurent pas sur la langue

Auteur
Gilles Plazy
Essai
48 pages, 11 x 17 cm, dos carré collé
Parution : avril 2014

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 8,00

ISBN : 978-2-917751-37-4 Catégorie :

Présentation

La poésie a affaire (à faire) avec la langue. C’est entendu… Gilles Plazy, grâce à ses petites nota­tions, s’essaye à pour­suivre au‐​delà. Ce qui est sûr c’est que la poésie échappe aux règles du discours — surtout celui de la « mélasse média­tique » — et au jeu social du sens. Elle serait « l’autre de la prose » et se situe­rait « aux limites de la langue » : entre érup­tion et brisure, elle « déroute la signi­fiance », « au risque de l’incompréhension » mais au profit d’un « délire » qui — para­doxa­le­ment — se fait « ensemble », qui engendre quelque chose comme une « commu­nauté ».
En son nom, que de fausses pistes n’ont-elles pas été suivies ! Ainsi la poésie ne peut servir à l’affirmation d’un quel­conque « moi iden­ti­taire » ; ni ne veut que l’ego du poète prenne poids ; elle n’a pas non plus comme dessein de faire « œuvre » — « cette folle obses­sion » d’une tota­lité abso­lue ; et enfin, la fabri­ca­tion « des chimères » ne peut tenir lieu au poète d’art poétique. La poésie est d’abord expé­rience, une « saisie de l’abîme » pour mieux s’éloigner — dans un beau retour­ne­ment — du « néant », trop parsemé de « raison raison­nante », trop étouffé de « logique restric­tive ».
En fait la poésie est cet espace du « ques­tion­ne­ment sans fin de l’homme sur lui‐​même et sur son rapport au monde ». Ce qui ne va pas sans une part de nostal­gie, selon Gilles Plazy, car la poésie ouvre à la mémoire « d’une langue jadis porteuse de l’appartenance de l’homme à la nature » et qu’elle s’engage « dans l’effort de restau­rer une langue qui vrai­ment parle encore ».

Notes de lecture

« Les mots vivent dans le livre, courent sur les pages, animent l’inerte, cris­tal­lisent le sens. Gilles Plazy leur fait signe, et nous fait signe, en choi­sis­sant d’interroger leur valeur, leur matière, leur appa­ri­tion et leur don de réalité. […] Les mots s’approprient le dire, tressent la parole, réaniment la langue. Ils esquissent la qualité en ne perdant jamais le contact avec l’émotion. […] Souplesse et grâce, donc, d’une parole poétique qui assume l’ombre du doute, fréquente le mystère, se nour­ris­sant d’une énigme que les mots ressus­citent lorsqu’ils habillent la voix de l’écrit. »
Anne Mala­prade, Poezi­bao, 21 mai 2014