Fragments du discontinu

Auteure
Isabelle Baladine Howald
68 pages, 12 x 15 cm
Parution : juillet 2020

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 13,00

ISBN  978-2-490385-07-2 Catégorie 

Présentation

La poésie d’Isabelle Bala­dine Howald, instable, dépouillée, déve­loppe une sorte de préca­rité de la langue, une « sciure de voix / voix diffrac­tée », seul moyen d’approcher ce qu’elle appelle le « discon­tinu », nous donnant à entendre un ego et un sum en détour­nant à son profit la célèbre phrase de Descartes (cogito ergo sum), lâchant au passage la lettre r de ergo, le trans­for­mant en ego : un passage d’un « donc » en « moi ».
Elle cherche un ravis­se­ment, un empor­te­ment où ce ego/​moi et ce sum/​je suis se super­po­se­raient et instal­le­raient entre ces deux substan­tifs une sorte de redon­dance affir­ma­tive : « ego sum à ce moment-​là / corps âme joints », et ques­tionne ici quelque chose qui serait de l’ordre d’un trait, d’un rapport, ou d’une rela­tion entre ce qui serait l’âme (« qui est-​elle… / Est-​elle immor­telle ? ») et un corps… Peut-​on penser quelque chose d’autre qu’une rela­tion duelle ou une union harmo­nieuse de ces deux enti­tés que sont l’âme et le corps ?
Peut-​être unique­ment si le je est en proxi­mité avec un tu ou un toi. Je n’est pas ici seule­ment conju­gué à la première personne mais est aussi utilisé en pronom ou en sujet plus indé­fini (« Je se mit à bégayer… » ; « je meurt donne la sépa­ra­tion »). Il y gagne alors une perma­nence… immé­dia­te­ment réduite par des nota­tions de temps ou de lieux (« … à la fin de l’été »). Quant au tu, au toi, il vient souvent comme un appui (« un dos »), une présence (« Je te sens derrière moi »), qu’on devine en partie imagi­née, comme un corps à soi qui fut :
« Toi mon membre fantôme ». Or, même avec cette ampu­ta­tion, l’altérité, au fil du poème, gagne en force car elle est prin­cipe de mouve­ment : « Je t’ai vu passer mon fantôme… ». Ainsi le je et le tu, loin de se combattre, s’appellent, se rapprochent, s’attachent, mais pour aussi­tôt… s’éloigner.