Fractales

Autrice
Isabelle Sauvage
Poésie
72 pages,  12 x 15 cm
Parution : juin 2026

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 14,00

UGS : 978-2-490385-62-1 Catégorie :

Description

Écrit lors d’une rési­dence dans le séma­phore d’Ouessant en janvier 2023, Frac­tales est un recueil intros­pec­tif aux multiples traver­sées dans lequel Isabelle Sauvage inter­roge un présent de béquilles et d’écriture qui, dans cette île à l’occasion de ce rendez-​vous, se déploie autour d’un épicentre contenu dans les vers du poète argen­tin Roberto Juar­roz : « … accro­cher au mur un cadre vide / pour qu’à s’y figer ne s’épuise aucun paysage ».
Un cadre vide que chaque jour dans le séma­phore elle compose et décom­pose : « Le déséqui­libre vit sa vie, je vis dans ce déséqui­libre. J’accroche chaque jour au mur un cadre vide. » Avec deux autres « veilleuses » à ses côtés, elle habite le vent, les vagues et s’aventure dans un quoti­dien d’écriture et de ques­tion­ne­ments, « Elles, ici, me soutiennent. Me ramassent aussi. Marchent à mes côtés. Écrivent à mes côtés. / Même tempête. » Un vivre-​ensemble qui laisse place aussi à la soli­tude, dans la confron­ta­tion avec les mots : « Dansant le soir elles dansent la gravité : la force et la profon­deur de ces jours qui les unissent en les lais­sant seules parfaitement. »
Mais le cadre c’est aussi un contour fami­lial et soro­ral. Des femmes au passé et au présent qui surgissent là presque fanto­males, amenées sur la page par le vent, sans cher­cher à éluci­der une quel­conque origine mais qui, par l’écriture d’Isabelle Sauvage, redes­sinent les contours du cadre tout à coup devenu débor­dant. Ainsi des femmes : des filles, des sœurs, des nièces, des mères et des grand-​mères – « Elles devraient s’accorder » – qui posent la ques­tion du lien, de la trans­mis­sion, ce fil géné­ra­tion­nel décom­posé, déséqui­li­bré lui aussi, mais toujours main­tenu. « Allers-​retours, les trois femmes : la petite, la grand-​mère, la mère. La petite-​fille gran­die. La mère, la troi­sième, dégrin­go­lée. La gran­die, dégringolant. »
Écrit dans une prose poétique qui alterne entre des souffles forts et une vigi­lance à tout ce qui l’entoure, Frac­tales avance sur les sentiers insu­laires en suivant les mouve­ments du vent, inter­ro­geant le corps et sa dolence, le trébu­che­ment des jambes et du passé, au milieu des figures animales et fami­liales qui composent le texte (le cadrent). Des sentiers de lande et de mots le long desquels l’autrice avance en écri­vant loin quand « Enve­lop­pée. Enclose. De large je veux bien. »
Un texte boule­ver­sant écrit à la première personne pour désen­com­brer les déséqui­libres et toujours apprendre à se réinventer.