L’enfant (triste)

Auteure
Claire Le Cam
Récit poétique
88 pages, 17 x 20 cm
Parution : mai 2014

Publié avec le soutien de la région Bretagne et du Centre national du livre

 18,00

ISBN : 978-2-917751-38-1 Catégorie :

Présentation

Dans le titre, ce sont les paren­thèses qui frappent. La tris­tesse est ainsi placée en complé­ment, en commen­taire, mais isolée, comme un aparté – comme un signe visuel, aussi, de l’enfant dans le ventre mater­nel. Car c’est bien un récit des origines que trace ici Claire Le Cam. Sous la forme d’une tragé­die poétique moderne, une « traver­sée », une explo­ra­tion, au plus profond de soi, et donc de l’enfance, de ce qui consti­tue un être (qu’il soit réel ou fictif n’est pas la ques­tion).
En un prologue, d’abord, un « je » « en posture coli­ma­çonne » expose un temps dislo­qué dans des rémi­nis­cences, des rumi­na­tions, des injonc­tions. L’être va et vient, à l’écoute de la multi­tude de voix en lui. Puis vient le « magma » de ces voix diverses – comme un bruis­se­ment. L’auteur invoque l’enfant (triste), le fait remon­ter en/​de soi, pour le recon­naître. Se demande d’où il vient. Retour sur la famille, le père, la mère… Il s’agit de le « déver­rouiller », de s’en déta­cher. Geste à la fois effrayant et libé­ra­teur, car partagé : « que suis‐​je censée faire de la liberté qu’il me laisse », « que vais‐​je deve­nir moi ». Que faire d’autre que « le choix d’une vie qui mène à la mienne à moi seule », même en étant très « incrus­tée » ?
Encore une fois, Claire Le Cam, loin de « geindre » au cours d’un « récit de soi » (« Je suis plus brutale que ça » est‐​il dit dans le prologue), expose une singu­la­rité fiction­nelle, un imagi­naire d’une grande force.