La pandémiade

Auteur
Jean-Pascal Dubost
Poésie
162 pages, 14 x 20 cm
Parution : novembre 2022

Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la région Bretagne

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 18,00

ISBN  978-2-490385-34-8 Catégorie 

Présentation

La pandé­miade propose trois ensembles écrits lors de ces deux dernières années, « Cronicque du confi­ne­ment » (du 16 mars au 11 mai 2020), « Congés de liberté » (du 12 juillet au 9 août 2021) et « Sermon joyeux de la crise sani­taire » (du 23 août au 13 octobre 2021), qui eux-​mêmes ne consti­tuent qu’une partie d’une somme poétique en cours. Le titre, dit l’auteur, pastiche La Fran­ciade de Ronsard, mais le néolo­gisme renvoie aussi aux sono­ri­tés de déban­dade, masca­rade ou encore jéré­miade et autres termes au suffixe -ade.
Jean-​Pascal Dubost n’est pas dupe, La pandé­miade n’est/ne sera pas le seul livre écrit ou reve­nant sur ces deux années de crise (« so many poèmes urgents » et autres jour­naux de confi­ne­ment). Si son écri­ture ne devait au départ qu’accompagner un temps de retran­che­ment vécu comme heureux, il est vite rattrapé par « l’exquise joie d’écrire en temps de crise », même « s’icy n’y a ne ris ne jeu », même si s’emballe le « funeste comp­teur » jour­na­lier des chiffres, parce que « contre ça plutôt qu’esclave, vrai être en joie », sur le prin­cipe deleu­zien de joie comme résis­tance au pouvoir. Et c’est dans une chan­son de geste qu’il nous entraîne (« ce saint Sani­taire dont je vais dire quoy, savoir sa vie, sa légende et histoire »).
C’est sous trois formes médié­vales qu’il décrit et décrypte la crise, ses drames et son absur­dité, « l’improvidence de cet état nouvel­le­ment provi­dence », l’œuvre de divi­sion sourde entre vacci­nés, « gens du Bien », « nonvax, gens du Mal, Lumière contre Ténèbre », « l’étauritaire qui se resserre »… Le premier ensemble est découpé en 4 strophes de 8 vers chacune pour chaque jour, le second en strophes de 12 vers et le troi­sième déroule un flux continu, le tout composé en octo­syl­labes, rien moins, « Verti­cal octo qui tient droit debout dans ses bottes mon choix d’écriture pas penchée ni couchée », « inso­lent et dyna­mique ». Comme à son habi­tude, c’est aussi en navi­guant dans une « langue­joie », « estrange et barba­rine », entre­mê­lant les époques et leurs styles et gram­maires, où l’ancien fran­çais est mâtiné d’anglais et autres atteintes à la « belle langue » (« désin­fox », « déco­dex », « adéennes profon­deurs », « ciffres et giffres qui deschiffrent nib »). Pas en « poète atra­bile ; un poète réac­ti­vant plutôt, indo­cile et rebelle », jouis­sant d’« une fébri­lité du diable »…
La pandé­miade, ou « la force de forer profond dans la tris­tesse jusqu’au fond d’où extraire la joie encore dans nos plus violents désac­cords d’avec le monde », en un heureux et salu­taire retour­ne­ment d’une crise sanitaire.