Études d’une jument

Autrice
Fanny Garin
Poésie
106 pages, 14 x 20 cm
Parution : juin 2026

Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la région Bretagne
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 17,00

UGS : 978-2-490385-64-5 Catégorie :

Description

Études d’une jument est un poème au long cours sur la créa­tion, la narra­tion, l’écriture. Fanny Garin écrit pour que nous lisions et presque spon­ta­né­ment pronon­cions à haute voix, écou­tions, visua­li­sions. Ainsi cet élan d’appeler le lecteur à prendre part à ce poème lorsque le « je » narra­teur galope vers le « nous », l’interpelle : « pour­sui­vons le poème » / « repre­nons le récit »… Dès lors les person­nages s’égrènent comme maître teyl sorti d’un livre de Faulk­ner ou la belle nastas­sia qui « échoua dans mon poème » mais qui plus loin dispa­raît par la simple volonté de la poète – « puisque l’instant d’après, je la barrais ».
Fanny Garin, au fil de son écri­ture senso­rielle, tisse ses réfé­rences litté­raires (Fred Deux, Dostoïevski, forme du conte…) avec d’autres arts (cinéma, pein­ture, photo­gra­phie…) comme elle rend poreux les souve­nirs et les rêves, les fantasmes et la violence, la sexua­lité et la mater­nité. Elle fait appel à notre imagi­na­tion comme une invi­ta­tion à rencon­trer la sienne« regar­der cette image, ce petit film en noir et blanc » / « voici les ingré­dients de ce poème » / « voici les rêves nouveaux de ce poème : une photo­gra­phie couleur radiologie-​échographie des prés et chevaux comme des spectres ou sque­lettes » ou encore « oui, ainsi soit l’écriture demain, contra­dic­toire, pleine, sur le point de se rompre ».
Rappe­lant Roland Barthes plusieurs fois cité en exergue dans le recueil, Études d’une jument c’est aussi avant tout le plai­sir du texte. Ce plai­sir de la langue qui se décom­pose comme un jeu, ce jeu infini de tous les possibles formant paysage. Imagi­na­tion et sens se mêlent, prennent vie. Dès les premières lignes, un décor se pose et tout se déroule dans une mise en abyme de l’acte d’écrire : comme si le lecteur décou­vrait le texte à mesure qu’il s’invente sous ses yeux.
La portée onirique et sombre du texte insuffle une atmo­sphère d’étrange étran­geté en brouillant les images, les redes­si­nant au fil des pages. Ainsi les robes des chevaux changent de teinte selon l’émotion ou l’action, les person­nages et les corps fusionnent ou se trans­forment. La jument, « sainte gana », nous la suivons le long de ses méta­mor­phoses et méta­phores jusqu’à la dernière ligne du livre, conta­miné par l’obsession de cette figure animale de l’autrice qui conclut : « chère gana, je me souviens de toi, oui ».