Peu à peur

Auteur
Benoit Colboc
Poésie
72 pages, 14 x 20 cm
Parution : mars 2026

Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la région Bretagne
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 16,00

UGS : 978-2-490385-57-7 Catégorie :

Description

De sa langue heur­tée si parti­cu­lière, exigeante, fragile et parfois crue, Benoit Colboc dessine peu à peu « le livre des peurs », le livre de toutes ses peurs, comme un livre d’heures sombres. Chaque poème aborde une de ces peurs pour mieux s’en dépouiller, les affron­ter enfin, et creuse l’intime jusqu’à l’os.
« Quit­ter l’enfance », les premiers mots de Peu à peur disent la volonté d’en finir avec « l’enfantprêté » de chaque vendredi rencon­tré dans Topo­gra­phie, d’« enle­ver la peau du garçon » et de deve­nir « quoi ? Un homme ? Avec la viri­lité inhé­rente à ce mot qui se veut trop et jamais ne m’appartient ».
S’effacer « à l’estomac », ne plus manger, et reve­nir sans cesse sur le « pèse­ma­per­sonne » s’assurer de « la chute de l’aiguille qui soulage ». Tenir les comptes encore et toujours, contrô­ler « la dispa­ri­tion du corps » et surtout aimer « pouvoir choi­sir ». Puis « s’imaginer vivre au milieu du raffiné », à Paris, et boire sans limite : « boire a tout de suite été trop boire plus loin que jusqu’au bout ». Et descendre les esca­liers du bar, descendre dans le « c’estenbas », « hors de désir », pour du sexe sans amour dans les « mains du sous-sol ».
Arpen­ter cette « ville­jo­li­ment­triste » du Finis­tère et comp­ter ses morts, « un mort à chaque pas », « l’amie dans la Seine / une autre dans les flammes / le cousin sur la photo », le père, la mère… le lais­sant orphe­lin (« c’est quoi orphe­lin ? »). Et dire avec Violette Leduc : « Serrez-​vous un peu les morts. J’ai besoin de ma petite place… »
Mais écrire, écrire s’invite partout dans les poèmes, « toujours j’attends que soit possible la fêlure par le dire / un élan vers écrire », « écrire la mémoire foutraque de rendre suppor­table le repar­tir de rien pour y voir un peu plus clair ». Écrire toujours, trem­bler toujours, « seul écrire parfois trem­bler permettent d’entrevoir / le bout ». Trem­bler « au présent pour faire taire le monstre de l’enfance », tout à la fois dans la noir­ceur et la beauté, oublier la douleur d’être soi et « laisse[r] aujourd’hui / tranquille ».