MoMo BasTa

Autrice
Frédérique Germanaud
Récit
148 pages, 14 x 20 cm
Parution : mars 2021

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 18,00

ISBN  978-2-490385-18-8 Catégorie 

Présentation

Frédé­rique Germa­naud livre ici le récit-​journal de sa rencontre avec le fasci­nant MoMo BasTa, grand brûlé dans son enfance, « lapin écor­ché » devenu artiste perfor­meur évoluant notam­ment au sein de squats et collec­tifs d’artistes tels que l’Art-Cloche.
Marqué à vie suite à un acci­dent domes­tique resté trouble, MoMo, « gueule cassée au verbe haut », cherche aujourd’hui quelqu’un qui recueillera son histoire. C’est d’abord un refus, presque un rejet, que Frédé­rique Germa­naud oppose à cette entre­prise. C’était sans comp­ter sur la force du sujet, « chimère » au « visage illi­sible » qui travaille clan­des­ti­ne­ment dans son esprit et finit par s’imposer. Au fur et à mesure de ses recherches, l’autrice s’attache à celui qui, sans jamais se poser en victime, « a retourné sa peau deux fois : brûlé puis exposé », et tente de comprendre ce qui la lie à cet homme.
Pacte ambi­va­lent parsemé de doutes, MoMo BasTa inter­roge l’écriture et le récit de soi, mettant en scène un double « je », biogra­phique et auto­bio­gra­phique, l’un et l’autre marqués par la douleur, l’âpreté à vivre et la solitude.

Notes de lecture

« Cette pratique évasive de l’autofiction prise ici à bras le corps, retour­née comme un gant de peu de fumet par la rencontre effec­tive de l’artiste, aussi exhi­bi­tion­niste et (mieux qu’écorché) greffé vif qu’elle est resser­rée sur son soi, est le vrai sujet du livre, celui qui commande son singu­lier tempo. »
Chris­tophe Stolo­wi­cki, Terre à ciel, juillet 2021

« Même si le lecteur finira par connaître presque tout de MoMo BasTa, et même par en rencon­trer le person­nage, quasi octogénaire dans les dernières pages du livre, le vrai sujet est ailleurs : comment une vie étrangère entre-​t-​elle en résonance avec des expériences intimes et, s’en nour­ris­sant, devient-​elle sujet de narra­tion ? Comment, parlant de l’autre, puis-​je dire ce qui n’a pas de mots en moi, n’est que névralgies et insom­nies ? Et fina­le­ment, où est la vérité ? Est-​ce la vie de cet homme qui aura toujours 10 ans en expo­sant ses angoisses et sa douleur, est-​ce celle de la femme qui n’aura cessé de cacher les siennes, ou bien s’élabore-t-elle, patiente, diffi­cile, incer­taine, dans cet espace ni neutre ni médian, juste autre, de l’œuvre littéraire ? »
Alain Kewes, Décharge, n° 191, septembre 2021