Le transi des jours

Autrice
Chloé Bressan
Poésie
102 pages, 12 x 15 cm
Parution : septembre 2022

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 15,00

ISBN  978-2-490385-30-0 Catégorie 

Présentation

Comme les autres livres de Chloé Bres­san, Le transi des jours se prête volon­tiers à une mise en scène — ce dont elle est coutu­mière : plusieurs voix se partagent en effet l’espace de ce livre, un je et un elle, un tu et un il, un enfant, une jeune fille, sans qu’on puisse toujours les dépar­ta­ger, en une suite de tableaux animés, sensibles, mêlant onirisme et scènes tangibles, maté­rielles. Ces tableaux sont struc­tu­rés autour d’une énumé­ra­tion : « il y a l’os… » « dans l’air et l’infini ». Ces formules récur­rentes, presque lanci­nantes, paraissent d’abord étranges, avant de s’inscrire dans l’esprit du lecteur comme une lita­nie. « L’os » : la colonne, l’intrinsèque de toute chose, de toute pensée, de tout senti­ment ou tout concept, l’immatériel et l’intemporel en paral­lèle, finissent par dérou­ler une sorte d’état des lieux, réel et pres­senti, d’un pays/​un monde « qui va mal ».
Car on ne peut pas ne pas lire dans « l’os » l’obstacle égale­ment, puisqu’« existent des humains de même nature que les monstres », puisqu’il y a aussi « l’os du réel », « l’os du déséquilibre »…
Le terme « tran­sir » vient du latin tran­sire, « aller, passer au-​delà ». Peut-​être s’agit-il déjà de (se) frayer un passage et d’aller d’un tableau à l’autre, d’un temps à l’autre, d’un fantôme ou témoin à l’autre dans ce qui consti­tue les jours — du monde. Mais l’au-delà est aussi la mort, et aussi bien s’agirait-il de comprendre l’infiniment petit de nos vies humaines, et d’interroger ce qui nous permet de rester vivants comme ce que nous devons lais­ser mourir en nous-​mêmes pour aller au-​delà d’une inno­cence perdue. Ce qui en nous accepte ou n’accepte pas de se lais­ser tran­sir, notre liberté d’êtres vivants. À « Est-​ce là où nous vivons ? », « la débâcle », répond « l’esprit se révolt[ant], s’accord[ant] au danger à l’aimantation d’être en vie », afin de main­te­nir son rêve, « sa maison d’os d’air et d’infini » : « Main­te­nant est un cri un à‑mesure de tes cris un à‑mesure-​de tes pas […], un à‑mesure-​de tes pierres trans­for­mées en actes. »