Description
« La question est plutôt à entendre comme une ruse d’écolière ». C’est en effet avec autant de gravité que de malice qu’une petite fille – Geneviève Peigné enfant – surgit une nuit dans le sommeil de l’autrice, avec cette question aux lèvres : « Qu’est-ce que tu feras quand tu seras morte ? ». Une question à laquelle il semble désespérément impossible de répondre surtout quand on ne croit en rien après la mort, mais qui devient un défi pour Geneviève Peigné – « J’ai envie de tomber dans ce piège ! » – qui accepte de céder à l’enfant.
Devenue lancinante, la question l’amuse autant qu’elle l’agace, sans doute aussi en raison de la difficulté à pouvoir y répondre. L’écrivaine interroge les un.e.s les autres parmi son entourage, explorant avec eux tout un ensemble de réflexions autour de « l’Après » ; quand le texte alterne entre dimension psychanalytique et recours à l’ironie, on égrène ainsi toutes les manières possibles avec lesquelles il serait tentant de se rassurer. « Mais tout ça, je te l’accorde, n’est que du rideau pas encore tombé. »
Cette fable poétique, c’est encore l’occasion pour l’autrice de nous ouvrir les rayons de sa bibliothèque et de célébrer les auteur·ice·s qu’elle aime – de Georges Perros à Marcel Proust en passant par George Orwell ou Louise Glück – mais aussi d’obtenir auprès de leurs livres un avis sur la question : « Sur toutes les rangées de bibliothèques, des pousses d’éternité réclament nos bras. »
Avec humour et beaucoup de tendresse, Geneviève Peigné parvient dans ce texte poétique à questionner la mort sans jamais exagérer la vie, réinvestissant tous les gestes que nous portons en héritage de nos disparu.e.s et, peut-être avec eux, posant une main sur l’épaule de cette enfant de la nuit pour lui assurer : « La naissance se fait à deux. La mort se vit seul / Nous ferons ça à deux, fillette ; ensemble. Ça au moins, je peux nous l’assurer ; je compte sur toi pour me donner la force de t’abriter. »

