Description
Ce livre réunit deux textes de Benoit Colboc parus parallèlement en 2021 aux éditions isabelle sauvage et qui se trouvaient épuisés. Il s’agit des deux premières publications de l’auteur. Topographie présente une famille, ordinaire : inscrite dans son époque, avec ses habitudes, ses qu’en-dira-t-on, son entre-soi ennuyeux. Chacun sa place. La figure centrale est celle du père, pourtant si peu là ; chacun s’appréhende en fonction de lui, sauf le « dernier » (le narrateur), décalé, hostile.
Le suicide du père vient ébranler la distribution des places et démentir les certitudes. Le « on ne dit rien à personne » s’entrouvre : refoulés pendant des années, les souvenirs de l’« enfantprêté » refont surface. Les flous qui perduraient, déplacés sur le père et faisant de lui « un monstre », s’élucident. D’une écriture boitillante, avec un récit désarticulé aux conjugaisons mélangées, l’auteur sature la fracture, puis la « concorde » possible entre père et fils, mais du côté d’une balafre commune : « je / tu / fondus. / Nos démolis » — dans l’ambivalence de la honte et de la culpabilité partagées.
Comme un écho ramassé à Topographie, Tremble, un poème au long cours, cristallise ces « peurs de tout de moi des autres […] de déjà plus l’enfant », qui doit faire avec « la mesure de / la présence qui détraque ». On y croise aussi Alcool, dont Tremble, aussitôt sujet à part entière, « ne parvient pas / à [s’]échapper », compagnon des « mains impatientes » – un mouvement indissociable et complice qui « bat les peurs », « comme on s’écrit ».
Deux textes aujourd’hui réunis, relevant du tremblement, troués de mots trop lourds à porter, qui frappent d’autant plus par la nécessité à dire ces paroles, les saccages et leurs silences.

