Topographie suivi de Tremble

Auteur
Benoit Colboc
Récit
88 pages, 11 x 16,5 cm
Parution : juin 2026

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 9,00

UGS : 978-2-490385-66-9 Catégorie :

Description

Ce livre réunit deux textes de Benoit Colboc parus paral­lè­le­ment en 2021 aux éditions isabelle sauvage et qui se trou­vaient épui­sés. Il s’agit des deux premières publi­ca­tions de l’auteur. Topo­gra­phie présente une famille, ordi­naire : inscrite dans son époque, avec ses habi­tudes, ses qu’en-dira-t-on, son entre-​soi ennuyeux. Chacun sa place. La figure centrale est celle du père, pour­tant si peu là ; chacun s’appréhende en fonc­tion de lui, sauf le « dernier » (le narra­teur), décalé, hostile.
Le suicide du père vient ébran­ler la distri­bu­tion des places et démen­tir les certi­tudes. Le « on ne dit rien à personne » s’entrouvre : refou­lés pendant des années, les souve­nirs de l’« enfant­prêté » refont surface. Les flous qui perdu­raient, dépla­cés sur le père et faisant de lui « un monstre », s’élucident. D’une écri­ture boitillante, avec un récit désar­ti­culé aux conju­gai­sons mélan­gées, l’auteur sature la frac­ture, puis la « concorde » possible entre père et fils, mais du côté d’une balafre commune : « je / tu / fondus. / Nos démo­lis » — dans l’ambivalence de la honte et de la culpa­bi­lité partagées.
Comme un écho ramassé à Topo­gra­phie, Tremble, un poème au long cours, cris­tal­lise ces « peurs de tout de moi des autres […] de déjà plus l’enfant », qui doit faire avec « la mesure de / la présence qui détraque ». On y croise aussi Alcool, dont Tremble, aussi­tôt sujet à part entière, « ne parvient pas / à [s’]échapper », compa­gnon des « mains impa­tientes » – un mouve­ment indis­so­ciable et complice qui « bat les peurs », « comme on s’écrit ».
Deux textes aujourd’hui réunis, rele­vant du trem­ble­ment, troués de mots trop lourds à porter, qui frappent d’autant plus par la néces­sité à dire ces paroles, les saccages et leurs silences.