Et puis plus rien de rêves

Auteure
Sofia Queiros
Récit poétique
32 pages, 12 x 15 cm, dos carré cousu collé
Parution : juin 2012
Prix du poème en prose Louis-Guillaume 2013

 8,00

ISBN : 978-2-917751-24-4 Catégorie :

Présentation

La suite des jours, scan­dée en moments. Inté­rieur nuit, inté­rieur jour, exté­rieur jour, exté­rieur nuit : le film d’une vie, situa­tions, atmo­sphères, place­ments du person­nage – une femme –, un lieu, la nuit / le jour. Un person­nage prin­ci­pal et plusieurs figures secon­daires, autant de décli­nai­sons de l’amoureux, réel ou imagi­naire, qui prend toute la place, remplit l’attente – l’écran.
Ce pour­rait être une voix off. Ou un film muet, mais en couleurs (un film d’aujourd’hui), sans histoire que celle de la lumière qui passe, des passants qui passent, des jours et des nuits qui passent, avec arrêts sur images. La voix off ne dirait que ce que montrent les images, les rempla­çant, les repré­sen­tant. Par petites touches, comme de rien. Mots « épar­pillés » de l’intime, collé au visage de l’attente, celle de l’autre, de l’homme, du prince char­mant de l’enfance.
Jour inté­rieur : l’attente est silen­cieuse, « les images empi­lées » dans « le grouillis des jours », les « figures en contre‐​jour se font brou­haha ».
La nuit, dedans, le temps est comme dilaté, étiré, « un temps long pour tuer l’ennui » dans la régu­la­rité du métro­nome, mais s’y agitent les pensées et les souve­nirs, le spectre de la mort (« j’ai peur du froid des morts ») qui font se « bous­cu­ler » et « débor­der » les choses pour que les enfants ne « prennent le pli ».
Dehors, la nuit, les hommes ne sont que « minus­cules papillons de nuit », brillants, impa­tients et distants, flous de toute cette distance impo­sée par les « murs [qui] s’épaississent ».
Exté­rieur jour, enfin : l’attente est invi­sible, discrète, inaper­çue, dans la lutte de la protec­tion de soi afin de « ne pas perdre de plumes », de ne pas se lais­ser « encom­brer » par « celui qui veut prendre ma place » tout en s’efforçant de « voir au plus loin ». Car « que será será », ce qui arri­vera arri­vera, avec son « cortège de vieille­ries » qui viennent ourler l’enfance en creux, accom­pagnent la femme à la « peur bleue » « d’enterrer l’enfance » et qui ne cesse de « guet­ter l’amour » sans cepen­dant être « femme à virer seule et bleue », « toujours cette petite veine frétillante sur la tempe ».

Notes de lecture

« Sofia Quei­ros jongle avec les mots et les idées comme un acro­bate de cirque, sans se forma­li­ser de ce qui pour­rait bien les rattra­per. »
Jacques Morin, Décharge, septembre 2012

« Une belle écri­ture ciné­ma­to­gra­phique, mysté­rieuse et trem­blée, pour dire le défi­le­ment des heures, la vie qui blesse, “les lende­mains d’amour vain, la vie allant de l’avant et traî­nant son cortège de vieille­ries”. »
Alain‐​Gabriel Monot, Hopala !, septembre‐ novembre 2012

« Les poèmes de Sofia Quei­ros sont de petits aveux, des averses, des pas qui traversent les jours et les nuits, entre rési­gna­tion et désir fou. »
Albane Gellé, N4728, janvier 2013

« Les proses lapi­daires sont tissées de furtives alli­té­ra­tions, de jeux avec les mots “attra­pés dans les rayons du soleil” comme ces papillons qui portent les noms d’amoureux légen­daires : “Grand Apol­lon ou Robert le Diable” ; elles composent, en conden­sant songe­ries et frémis­se­ments de la nature, un paysage enchanté par l’attente illi­mi­tée de l’Amoureux dans lequel s’engloutir. »
Daniel Lequette, CCP – Cahier critique de poésie, n° 26, décembre 2013