Le testament du pas assez

Autrice
Claire Le Cam
Poésie
76 pages, 12 x 15 cm
Parution : mars 2026

Publié avec le soutien de la région Bretagne

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 14,00

UGS : 978-2-490385-55-3 Catégorie :

Description

D’une diffi­culté d’écrire qui inter­roge le dosage périlleux entre le trop et le pas assez auxquels on nous assigne (toujours trop de trop, « et ça n’est jamais assez »), Claire Le Cam détourne dans ce nouveau texte le projet litté­raire amorcé par ce ques­tion­ne­ment en déployant une poésie de la tenta­tive et du doute que le moindre mot porte en lui. « Quoi que le mot fasse, il revien­dra toujours à la même histoire. L’écriture va s’autoriser à se lais­ser aller, pas trop, ou trop assez, non plus, de guerre lasse. Est-​ce une écri­ture douteuse, une écri­ture du doute ou encore une écri­ture qui fait douter, du doute en gouttes » ? Car l’enjeu est donné dès les premières phrases : devoir « démar­rer par moi », parce que « je me dois d’écrire ; je dois le faire sinon je m’efface, oui, vrai­ment, un peu. Voyez la mesure du peu, du pas assez, c’est trop. »
Fuir le pas assez, refu­ser le trop, déri­ver entre les deux… c’est une méfiance à l’égard de l’écriture qui s’installe, mais comme pour mieux révé­ler une inti­mité : celle de pouvoir donner libre cours à sa propre voix, l’accepter avec ses lati­tudes et ses impa­tiences, sa pudeur aussi. « Moi, j’attends mes mots à moi car je crois simple­ment que mes mots miens sont pauvres de moi, sont ceux de ma tris­tesse moins présente, plus étale, ceux qui proviennent de ma posi­tion debout, là, devant la fenêtre et qui me disent qu’être seule reste un plai­sir, ne pas parler, moins parler, parler assez, suffi­sam­ment pour imagi­ner que l’oiseau ne naît pas de mon esprit ».
Avec déri­sion, Le testa­ment du pas assez multi­plie les faux départs, se joue de l’erreur narra­tive et confronte les « mots dus » aux phrases du hasard, via une poésie jubi­la­toire qui toujours relie avec agilité l’autrice à son écri­ture, courant l’une après l’autre, aussi bien dans la tendresse que dans le fracas : « L’écriture dans sa fougue inver­sée m’enterre et ne crie plus. Elle ravage », « Je chute avec mon écri­ture, comme elle chute avec moi. » Comme si Claire Le Cam cher­chait à main­te­nir ensemble deux extrêmes, à priori contra­dic­toires : une langue orga­ni­sée et symbole de l’humanité, et un langage-​corps traversé par son anima­lité, ses affects et ses pulsions, lorsque les options viriles du texte ne cessent de lever le voile sur tout ce qui reste de déli­ca­tesse à préser­ver pour exis­ter, littéralement.