Les jours où Else

Auteure
Lou Raoul
Récit / prose poétique
68 pages, 12 x 15 cm, dos carré cousu collé
Parution : mars 2011

Publié avec le soutien de la région Bretagne

 12,00

ISBN : 978-2-917751-13-8 Catégorie :

Présentation

« Eux, c’est tout à l’ouest qu’ils vivent, eux avec Else À l’autre bout, au bout du monde, e penn ar bed ça se dit dans l’autre langue L’une et l’autre langue tout à l’ouest. »
Ainsi commence Les jours où Else. On peut d’abord y voir le simple récit d’une exis­tence ordi­naire dans une campagne du bout du monde. Aussi­tôt pour­tant il faut se déta­cher de cette première impres­sion : ce n’est pas un mais plusieurs récits, tant la narra­tion y est peu recti­ligne et discon­ti­nue, les temps de l’histoire entre­mê­lés les uns aux autres. Ce sont des bribes d’une vie où l’aujourd’hui côtoie l’hier et déjà l’à venir, dans le souve­nir de parents ou d’aïeux, de vivants et de morts. Des contes bretons ou islan­dais s’y inscrivent comme tout natu­rel­le­ment en écho ; ances­traux, faisant contre­point, ils ne sont pas si déca­lés fina­le­ment. Deux langues se côtoient, se chevauchent : le breton mater­nel, fami­lier (celui dans lequel a grandi Lou Raoul), loin de tout folk­lore régio­na­liste, et le fran­çais fina­le­ment appris, bous­culé dans la fami­lia­rité du breton. Le monde à vivre y est analysé au prisme de ces deux langues : deux mondes se nour­rissent et se rassemblent.
Avec cette langue comme hachée, sans ponc­tua­tion, un rythme très singu­lier comme ânonné, Lou Raoul s’inscrit de façon moderne, libre, dans l’histoire et la mytho­lo­gie cultu­relle et fami­liale toutes de rudesse et de tendresse à la fois qui ont façonné ce bout du monde et dont elle gomme les fron­tières tempo­relles pour mieux les cerner.

Notes de lecture

« Ce livre est un vrai bijou. J’ai été trans­por­tée par ces récits imbri­qués… »
Valé­rie Canat de Chézy, Verre menthe, 27 janvier 2011

« C’est la vie dure, la vie diffi­cile et c’est magni­fi­que­ment rendu par le tres­sage des contes, du récit d’une vie banale aux rares joies, et de la chan­son triste, comme s’il s’agissait d’appliquer le baume des mots, sans craindre de répé­ter (Ur wech e oa c’hoazh, Il était encore une fois) comme pour appri­voi­ser douleur et briè­veté du passage et fina­le­ment comprendre que “tout est donné avant le temps, dans le temps, préservé pour tout le temps à venir”. »
Ronald Klapka, La Lettre de la Magde­laine, juin 2011

« Cet écrit n’est pas à clas­ser ici ou là, dans telle case ou dans telle autre, ce livre est. Il est. Il est avec l’écriture singu­lière de Lou Raoul […]. On pense aux veillées où les vieux racon­taient les histoires, trans­mettre, ne pas que ça s’oublie. On pense aux veillées des morts. On ne les oublie pas. Et on n’a pas envie d’oublier Lou Raoul… »
Cécile Guivarch, Terre à ciel, juillet 2011