Swifts

Autrice
Camille Loivier
Poésie
76 pages, 14 x 20 cm
Parution : octobre 2021

Publié avec le soutien du Centre national du Livre et de la région Bretagne

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 16,00

ISBN  978-2-490385-19-5 Catégorie 

Présentation

Construit en trois parties, comme Épar­pille­ments (éd. isabelle sauvage, 2017), Swifts en est selon l’autrice le jumeau, mais aussi une suite, au sens musi­cal, une varia­tion sur les mêmes motifs, avec toujours cette même atten­tion aux choses, à la nature, aux bêtes…
Le mot anglais swift (en fran­çais marti­net) dit à la perfec­tion tout à la fois le vol, la trace, la promp­ti­tude, le son que produit dans l’air le passage de l’oiseau, mais aussi son siffle­ment stri­dent si carac­té­ris­tique — « leurs longs sifflets s’entrecroisent en filets / seul sillon à l’écoute / hauts fins filants ». Les swifts « volent au travers du corps », restent constam­ment en vol, plongent mais ne se posent : ils ne pour­raient plus repar­tir — « car je n’en ai pas tenu dans ma main / je sais que s’ils tombent ils ne sauraient se rele­ver ». Comme les mots ? « la parole atten­due ne vient pas / les mots tombent en avant de la bouche / par terre ».
Mais « il existe une autre langue / que je ne parle pas / qui s’apprend / (je l’approche dans le vent) ». Il faudrait donc pouvoir se taire — « car si une parole sort / un silence doit souf­frir » — ou « parler la langue des swifts », « la langue de la chienne », « la langue du sanglier », la langue des bêtes en somme, une langue qui s’apparenterait au silence, « un silence qui n’a pas peur du silence », une langue du silence qui rassem­ble­rait hommes et bêtes « tandis que la parole nous coupe ».
La chienne, les sangliers, les swifts, le jardin aussi, disent tous ce silence, les gestes du silence, une langue du silence à oppo­ser au silence du père, à cette langue pater­nelle deve­nue incom­pré­hen­sible — « car que peut-​on dire quand on ne parle pas la même langue / dans la même langue ».
À la recherche de cette langue du silence, le texte de Camille Loivier avance par répé­ti­tions, reprises ou alli­té­ra­tions, se bat « avec le tour­billon qui écrit » pour finir par écrire le silence même, et que ce silence demeure écrit et n’encombre plus la bouche, ne l’asphyxie plus — « ce qui occupe la bouche en sa cavité profonde / est un mot que l’on cherche et qui ne vient pas ».
Dire enfin « (qu’écrire redonne vie et ne la retire pas) » et aussi, simple­ment, retrou­ver la « joie qu’apporte l’animal sauvage chaque fois qu’on le croise ».