Phasmagoria

Auteure
Claire Le Cam
Prose poétique
132 pages, 12 x 15 cm, dos carré cousu collé
Parution : octobre 2009

Publié avec le soutien de la région Bretagne et du conseil général du Finistère

 15,00

ISBN : 978-2-917751-08-4 Catégorie :

Présentation

Phas­ma­go­ria est né d’« une idée animalo‐​humano‐​tragico‐​rigolo », selon les propres termes de Claire Le Cam. Le ton est donné ; le titre l’annonce. Comme si Claire Le Cam avait fait sienne l’étymologie du mot « fantas­ma­go­rie » donnée par P. Guiraud : « hybride popu­laire » de « fantasme » et de « gourer » (trom­per) en l’appliquant au phasme (du grec phasma, « fantôme », quand fantas­ma­go­rie provient de phan­tasma, « appa­ri­tion »), cet insecte imitant la forme des tiges sur lesquelles il séjourne, arché­type du mimé­tisme.
Le phasme est donc le point de départ d’une rhéto­rique absurde et sensible que Claire Le Cam mène tambour battant pour nous rappe­ler, de façon encore plus construite et plus déca­lée que dans Raccom­mo­der me tour­mente, son précé­dent livre, l’omniprésence du corps, le lieu par où tout passe, tout s’exprime : « l’homme-phasme est accou­ché ».
L’ouvrage est composé en trois parties : 1) Le mime est l’homme-phasme, il plagie le modèle, il trompe le dupe, mais, à force, il peut aussi se mani­pu­ler lui‐​même ; cette partie présente l’homme-phasme par des phrases d’une ligne, toutes numé­ro­tées. 2) Le dupe, ennemi ou victime du mime ; où sont présen­tés ceux que l’homme-phasme abuse : sa femme, ses amis, ses collègues, ses voisins, ses animaux… mais encore un dupe se dupant lui‐​même ; cette partie renvoie via les lignes de la première partie aux thèmes ou aux gens concer­nés. 3) Le modèle, émet­teur des stimu­lus, où il est ques­tion des lieux, des gens, des livres, ou des person­nages… que l’homme-phasme a mimés ; des descrip­tions en quelques phrases déca­lées.
L’écriture de Claire Le Cam est comme un jeu où « toute ressem­blance avec mimes, dupes et modèles qui pour­raient se sentir concer­nés est pure­ment fortuite ». « Vous, vous qui mâchez ce que vous voulez bien accep­ter de l’autre, ceux, celle, ou celui qui pour­raient vous lais­ser ou pas quelque chose à mâcher. / On ne sait pas qui parmi vous est dupe. » Voilà le lecteur prévenu.

Notes de lecture

« Ici l’aspect formel invite le lecteur à une véri­table acti­vité de parti­ci­pa­tion à la lecture. Il devient partie prenante du texte. […] Exigeant certes mais sans être austère car la distance par l’allusion, le sourire, la conni­vence, bref, ce qui fait l’humour dans la langue, est ici très présent. »
Chris­tian Vogels