Un léger défaut d’articulation

Auteure
Stéphanie Chaillou
Récit / prose poétique
112 pages, 12 x 15 cm, dos carré cousu collé
Parution : octobre 2009
Talent FNAC 2010

Publié avec le soutien de la région Bretagne et du conseil général du Finistère

 15,00

ISBN : 978-2-917751-05-3 Catégorie :

Présentation

Un léger défaut d’articulation relève offi­ciel­le­ment d’un procédé d’écriture emprunté : « Je ne suis pas Édouard Levé » est la première phrase du livre. Ce qui fait progres­ser le récit est un prin­cipe de liste qui, bien que juxta­po­sant des affir­ma­tions hété­ro­gènes dans un ordre appa­rem­ment aléa­toire, parvient, chez Édouard Levé comme chez Stépha­nie Chaillou, à dres­ser un portrait. L’exigence narra­tive ou discur­sive ne prime donc pas. Cepen­dant, à l’Auto­por­trait d’un homme, mort, reconnu, Stépha­nie Chaillou, femme, vivante, incon­nue, répond avec « un léger défaut d’articulation », et s’interroge sur la diffi­culté à se dire, à s’énoncer… à s’articuler avec les autres, avec le monde.
Car il est surtout ques­tion ici de genre, de sexe, de recon­nais­sance sociale, d’être vivant ou d’être mort, de désir déter­mi­nant… Dans ce portrait, Stépha­nie Chaillou ajoute une deuxième liste : des « il y a » comme étant des « choses qui sont », un pluriel des choses donc qui se confronte à l’unicité du sujet « je ». Elle fait ainsi rentrer le monde dans un récit sur le sujet, ou plus exac­te­ment sur le récit d’un sujet en parti­cu­lier, un « je ». Deux listes, l’une de « je », l’autre d’« il y a », comme deux discours en quelque sorte, qui s’entrecroisent, se côtoient, s’emmêlent… dans une grande liberté permise par le procédé de l’énumération où peuvent s’inscrire le passé et les doutes du « je » – et qui n’exclut pas une inten­sité drama­tique. Ainsi s’opère une distance, se crée un déca­lage entre des propo­si­tions anec­do­tiques ou loufoques et des affir­ma­tions plus graves, où l’humour, l’absurde des premières donnent toute leur puis­sance aux secondes…

Notes de lecture

« Stépha­nie Chaillou surprend avec cette intri­ca­tion de deux maté­riaux filants : une série de listes commen­çant par il y a et un auto­por­trait […] ; le second texte est imprimé en gras, il intègre le premier, l’avale et parfois l’exhausse, par la grâce d’associations hasar­deuses. Il en résulte un trouble déli­cieux, d’autant plus désta­bi­li­sant pour le lecteur que le texte en gras dévoile des pans d’intimité […] désar­ti­cu­lés, en contre­point de l’objectivisme des listes. »
Pierre Le Pillouër, Sitau​dis​.fr, novembre 2009

Rencontres, entre­tiens, lectures :
• Un léger défaut d’articulation a fait l’objet de plusieurs lectures‐​concerts (avec Ryan Kernoa) dans le cadre des festi­vals Midi­Mi­nuit­Poé­sie à Nantes en 2012, Acto­ral à Marseille et à la Maison de la poésie à Paris en 2014.
• Des extraits du texte sont à lire et à écou­ter dans l’anthologie Gare mari­time 2013 de la Maison de la poésie de Nantes.
• Émis­sion La vignette, Aude Lavigne, France Culture, 28 mai 2010
• Vidéo Atten­tion Talents Fnac, Fnac Mont­par­nasse, 14 avril 2010