Note étrangère

Auteure
Violaine Guillerm
Poésie
40 pages, 12 x 15 cm / juin 2016

Publié avec le soutien du Centre national du livre

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 11,00

ISBN : 978-2-917751-67-1 Catégorie :

Présentation

Violaine Guillerm est musi­cienne, et c’est en musi­cienne qu’elle compose sa poésie. Note étran­gère est bien une fugue, une écri­ture contra­pun­tique construite mot contre mot – note contre note, orga­ni­sant une super­po­si­tion de lignes mélo­diques distinctes.
Et il y a bien de multiples réfé­rences à un voca­bu­laire musi­cal, comme le titre, en premier lieu, la strette, le retard, l’échappée, l’offrande musi­cale (Bach)… Mais il n’est pas besoin d’être savant en ce domaine pour entendre, goûter la musi­ca­lité de sa langue : « cela s’entend ». Par asso­nances et alli­té­ra­tions, très nombreuses, répé­ti­tions, intro­duites ou non par et (« et te blessent, et me blessent », « cueille, recueille », « un regard, et un regard »…), le poème offre deux voix qui se côtoient, s’emmêlent, s’écartent, « un nous mosaïque, mouvant, cligno­tant » : une rencontre, un « rendez‐​vous, le corps, un lieu poreux, scin­tillant », le lieu de tous ses possibles – et impos­sibles aussi bien.
En musique, une note étran­gère ne fait pas partie de l’accord premier mais lui est reliée en modi­fiant sa couleur, en amenant une tension (une disso­nance le plus souvent). Et la note est étran­gère, c’est « le tôt du poème », l’étrangeté préside dans l’accord.
Peut‐​être faut‐​il rappe­ler, aussi, que la fugue vient de fugere, « fuir » en latin – parce que l’auditeur a l’impression que le thème de la fugue fuit d’une voix à l’autre. N’est-ce pas de même en amour ? On peut penser à Rodin et à son Fugit Amor, ces deux corps en tension, assem­blés avec une parfaite flui­dité.