Une même lunaison

Auteure
Sofia Queiros
Poésie
74 pages, 12 x 15 cm
Parution : avril 2019

Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la région Bretagne

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 14,00

ISBN : 978-2-490385-00-3 Catégorie :

Présentation

Une même lunai­son est le « jour­nal » d’une lunai­son, l’intervalle de temps sépa­rant deux nouvelles lunes. Ce jour­nal tel un cycle en partage rela­tant les vies d’ils ou elles – au singu­lier, en soli­tude souvent, des gens plutôt âgés, quelques enfants ou écoliers – est séparé en deux parties construites chacune sur quinze jours, « Un même vent » et « Un même temps », titrées d’après le terme de marine « lunai­son de vent ou du même temps / du même vent ou de temps ». « Il y a ici tout un monde qui s’affaire invi­sible », un réseau de petits riens qui vont et viennent au fil des pages : la pêche à la ligne, les animaux (ragon­dins, chats), les légumes à prépa­rer, les trains, les horloges, les mouchoirs, les fleurs… des traces qui dessinent des vies de peu.
Des vies comme sous influence de la lune où point une certaine mélan­co­lie, une tris­tesse des humeurs, la bile noire, comme on disait jadis, ou alors un ennui des mêmes gestes fati­gués. Il y a le voisin ou la voisine acariâtres, il y a elle, sûre­ment dans un inté­rieur – « Au‐​dehors tout est moins clair » –, qui a « peu de choses à vivre », si ce n’est obser­ver les mouve­ments des autres : « Elle n’a rien d’autre que de dire de ce que les autres font, ce que les autres ne font pas ». Ou il, son corps : « De la route elle voit son corps d’homme / de cris et d’abois / qu’elle voudrait toucher de tendresse et de sexe ». Elle s’imagine – « Puisqu’il est là le bien‐​aimé » –, et « enfin dort au bruit du dernier train de nuit »…
Il n’y a guère d’échappatoire, pas de pensée magique, ici on est au ras du réel. Mais il y a encore du désir, beau­coup de tendresse aussi malgré l’usure et le quoti­dien. Des cheveux blancs, des mains usées, juste quelques gestes, quelques mouve­ments furtifs dans la pénombre, qui suffisent pour qu’une « main entre les cuisses », pour qu’une « main qui sait encore s’agiter, cares­ser les souffles »…